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Résumé

A l'attention de / Ter attentie van :
Salza

Auteur :
Salza

Début : 06/02/10
Fin : 06/02/11

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Catégorie : Social

Rosarno, Italie, monde (En français et en Italien)

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URL Courte : http://6262.lapetition.be/

Nous sommes des citoyens italiens résidents en France et des citoyens français en rapport avec l’Italie pour des raisons professionnelles. C’est pour cette raison que, face aux événements survenus a Rosarno, nous exprimons notre indignation.
Les immigrés de Rosarno, comme tous les migrants du monde, représentent une véritable expérimentation biopolitique pour les pouvoirs. Entassés dans des conditions épouvantables, exploités au travail, ils sont honteusement expulsés vers des destinations mystérieuses. À ces trois phases, ordinaires dans la vie d’un immigré, s’en ajoute souvent une quatrième, particulièrement dans la période récente. Les migrants sont l’objet d’une véritable chasse à l’homme : repérés, suivis, traqués, roués de coups, et finalement assassinés ou expulsés.
C’est ce qui se passe dans bien des endroits, de l’Espagne à la frontière mexicaine ; c’est ce qui est arrivé, de nouveau, à Rosarno.
Pendant plusieurs jours, les habitants de cette petite ville de Calabre ont poursuivi, terrorisé, traqué, chassé à coups de fusil les travailleurs immigrés. La réaction du pouvoir d’État a été la même que d’habitude : pour apaiser les esprits des « braves gens », on a mis en oeuvre le nettoyage ethnique en déportant les migrants.
L’histoire ici bégaye, et rejoue d’autres scènes, lorsque les victimes étaient justement les Italiens, dans les mines belges, dans les campagnes aux Etats Unis ou dans les salines françaises (Voir le livre de Gérard Noiriel, Le massacre des Italiens (Fayard, 2010) qui vient d’être publié sur les événements d’Aigues Mortes en 1893).
Il nous faut dénoncer sans détour ces quatre phases, qui sont inextricablement liées. Pour le dire en termes plus clairs : cela n’a pas de sens de se dire indigné par la « chasse au nègre » si l’on n’affirme pas en même temps le principe de la régularisation des travailleurs immigrés ; cela n’a pas de sens de s’apitoyer sur les conditions de vie des migrants si on ne s’oppose pas à l’exploitation qu’ils subissent en tant que travailleurs les plus fragiles, les plus précaires, et les moins protégés.
La plupart d’entre nous travaille dans le monde de l’éducation. Il nous est impossible de ne pas relier ces événements tragiques à l’effacement de la mémoire historique. Les Italiens, « braves gens », démocrates, ont chassé de leurs souvenirs les aventures sanguinaires de la colonisation ; et les enfants du « boom » économique ont tout fait pour oublier leur passé de « Hobos », de Macaronìs, de Degos avec la valise en carton.
Il ne nous est pas non plus possible de ne pas faire le lien entre ces explosions racistes et la question de l’éducation et des savoirs. Précisément pendant les jours qui ont vu se dérouler ces événements en Calabre, le ministre de l’éducation Gelmini prétendait limiter à 30% le taux d’élèves étrangers admis dans les classes italiennes. Proposition insensée et irrésponsable, dont l’unique but propagandiste est de renforcer encore le sentiment d’insécurité et de peur.
Cela s’appelle, chez nous, en France, débat sur l’identité nationale, « nettoyage » de la « jungle » de Calais, déploiement des centres de rétention, passage en force au régime de la loi LRU, car « Gelmini » est aussi le nom italien d’un projet de réforme – non moins discriminant – qui partout en Europe vise à la destruction de l’université publique, conformément aux instructions du « processus de Bologne ».
Il y a du racisme partout où il y a de l’ignorance. Et c’est aussi pour cela qu’en tant qu’enseignants – et pas seulement – menacés par les réformes en cours, nous sommes concernés par ce qui s’est passé à Rosarno.
Les migrants de Rosarno, avant d’être bannis, se sont révoltés.
Que faire face à cet acte de résistance ?
Ne pas y prêter attention, signifierait s’enfoncer encore davantage dans l’intolérable, dans la bassesse, dans la vulgarité que secrètent nos démocraties-pour-le-marché. Y prêter attention cela ne signifie pas pourtant vouloir « aider » les migrants. Les migrants se sont aidés tout seuls. Ce sont eux qui nous réapprennent à dire non. Ils ne nous indiquent aucune voie, sinon celle de l’émancipation. Ils n’ont rien demandé, ils ont seulement exigé.
Reprendre et poursuivre leur geste signifie donc avant tout combattre l’exploitation. Se rebeller non pas contre l’esclavage en général mais concrètement contre les injustices générées par le capitalisme, contre les tensions qu’un système convulsé par une crise qui lui est consubstantielle, reproduira avec toujours plus de violence.
Nous qui vivons et travaillons en France, nous nous associons à la journée de grève des migrants appelée pour le premier mars en Italie, en espérant qu’il s’agisse du premier acte qui mènera à une grève générale européenne de « tous » les travailleurs (migrants ou non, avec ou sans papiers) contre l’exploitation et contre le racisme, sa conséquence directe. Il y a urgence : il s’agit d’inventer, contre le faux et répugnant « universel » qu’incarne le capital, la pratique d’un nouveau sens du commun, avec les sans voix, des sans voix, de Rosarno au monde entier.


ROSARNO, ITALIA, MONDO

Siamo dei cittadini italiani residenti in Francia e dei cittadini francesi che si occupano, professionalmente, dell’Italia. Per questo, di fronte ai fatti accaduti a Rosarno esprimiamo la nostra indignazione.
Gli immigrati di Rosarno, come tutti i migranti nel mondo, costituiscono un vero e proprio esperimento biopolitico per i poteri. Prima sono ammassati in condizioni disperate, poi sono sfruttati implacabilmente sul posto di lavoro, infine sono espulsi vergognosamente verso destinazioni misteriose. A queste tre fasi, ordinarie, nella vita di un immigrato, se ne aggiunge spesso, soprattutto negli ultimi tempi, un’altra. Gli immigrati sono vittime di una vera e propria caccia all’uomo : seguiti, pedinati, braccati, bastonati, finalmente uccisi o espulsi.
E’ successo altrove, in Spagna o alla frontiera messicana, si è ripetuto a Rosarno.
Per qualche lungo giorno gli abitanti della cittadina calabrese hanno rincorso, impaurito, sprangato, sparato contro i lavoratori immigrati. La reazione del potere statale è stata la solita : per placare gli animi della « brava gente » si è attuata la pulizia etnica, deportando i migranti.
La storia si ripete, quando le vittime erano proprio gli italiani, nelle miniere belghe, nelle campagne americane o nelle saline francesi (Si veda a questo proposito il libro recente di Gérard Noiriel, Le massacre des Italiens, Aigues-Mortes 17 août 1893, Paris, Fayard, 2010).
Si tratta di denunciare, senza tergiversare le quattro fasi che sono inestricabilmente connesse. In termini più chiari, non si può essere indignati per la « caccia al negro » se non si afferma il principio della regolarizzazione dei lavoratori immigrati, non è lecito impietosirsi sulle condizioni di vita degli immigrati se non si è, fino in fondo, contro lo sfruttamento che essi subiscono in quanto lavoratori meno protetti.
La maggior parte di noi lavora nel mondo dell’educazione. Non possiamo far a meno di sottolineare il legame fra questi tragici avvenimenti e la cancellazione della memoria storica. Gli italiani « brava gente », democratici, hanno espunto dai loro ricordi le avventure sanguinarie della colonizzazione italica e, figli del boom economico, hanno voluto dimenticare il loro passato di « hobo », di Macaroni, di Degos, con la valigia di cartone. E non possiamo fare a meno neanche di sottolineare il legame fra queste esplosioni razziste e la questione dell’istruzione e dei saperi. Negli stessi giorni dei fatti di Calabria, il ministro Gelmini annunciava un tetto massimo di 30% di studenti stranieri nelle classi italiane. Proposta insensata e irresponsabile, il cui unico scopo, propagandistico, è quello di rafforzare il sentimento di insicurezza e di paura.
Questo si chiama qui da noi, in Francia, « dibattito » sull’identità nazionale, pulizia della « giungla » di Calais, rafforzamento e creazione di nuovi centri di « permanenza temporanea » per immigrati, passaggio forzato della nuova legge sull’autonomia delle università, perché « Gelmini » è il nome italiano di un progetto di riforma, altrettanto discriminatorio, che, dappertutto in Europa, punta alla distruzione dell’università pubblica, seguendo i dettami del cosidetto processo di Bologna.
C’è razzismo laddove c’è ignoranza. È per questo anche che ci sentiamo colpiti, come insegnanti – e non solo – minacciati dalle riforme in corso, da quanto è accaduto a Rosarno.
Gli immigrati di Rosarno, prima di essere banditi, si sono rivoltati.
Che facciamo di fronte a questo atto di renitenza ?
Non ascoltarlo, sarebbe sprofondare ancora di più nell’intollerabile, nella bassezza, nella volgarità che secernono le nostre democrazie–per–il–mercato. Ascoltarlo, non significa tuttavia voler « aiutare » gli immigrati. Gli immigrati si sono riscattati da soli. Sono loro che ci ri–apprendono a dire no. Non ci indicano nessuna strada, se non quella dell’emancipazione. Non hanno chiesto nulla, hanno solo imposto le loro esigenze.
Riprendere il loro gesto, significa allora innanzitutto combattere contro lo sfruttamento. Ribellarsi non in generale contro la schiavitù, ma concretamente contro le ingiustizie capitalistiche, contro le storture che il sistema, tormentato da una crisi da cui non esce, riprodurrà sempre più violentemente.
Noi che viviamo e che lavoriamo in Francia, aderiamo allo sciopero dei migranti indetto per il 1 marzo in Italia, auspicando che questa giornata diventi il primo atto di uno sciopero generale europeo di « tutti » i lavoratori (migranti e non, regolari e non) contro lo sfruttamento e il razzismo, concreta sua deriva. C’è urgenza : si tratta di inventare, contro il falso e ripugnante « universale » che il capitale incarna, la pratica di un nuovo senso del comune, con i senza voce, dei senza voce, da Rosamo al mondo.

Saverio Ansaldi, Université Montpellier 3
Carlo Arcuri, Université d’Amiens
Etienne Balibar, Université Paris X
Michèle Bompard-Porte, Université de Bretagne Occidentale
François Bouchard, Université de Tours
Marina Caruso
Leonardo Casalino, Université Grenoble III
Collectif Univers.Cité Lille 3
Alina Curioni
Marta Di Nuccio
Anne François
Christian Hartmann
Costanza Jori, Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle
Frank La Brasca, Université de Tours
Enrica Lippolis
Luigi Magri, directeur de cinéma, Tremblay-en-France
Jean-Paul Manganaro, Université Lille 3
Christophe Mileschi, Université Paris 10
Sandra Millot, professeur d’italien, Saint-Denis
Aldo Pardi, Université Lille 3
Giorgio Passerone, Université Lille 3
Veronica Riva
Anne-Marie Saint Marc
Jean-Claude Saint Marc
Luca Salza, Université Lille 3
René Schérer, Université Paris VIII
Italo Stellon, INCA CGIL
Jean-Marie, Straub, réalisateur/regista
Michel Surya, éditions Lignes
Cristina Terrile, Université de Tours
André Tosel, Université de Nice
Jean-Charles Vegliante, Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle

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Liste des signataires de la pétition (231)

#Nom / Naam Prénom / Voornaam Pays / Land Profession / Beroep Site web / Website
231****fredparishttp://www.rap-francais.com/clip-booba-caesar-palace-d2d802840.html
230*******AlainFrancehttp://domainedepeytoupin.com
229******ArnaudFranceenseignant
228*********Anne-AuroreFranceEtudiante
227******magdalenafranceformatrice
226********FANNYFranceARTISTE
225*********MangiaItaliestudentessa
224********PhilemFrancegérant de scop, graphiste
223****alainFranceenseignant
222********LeonardoItalieMediatore interculturale

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