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Pas de justice pas de paix

URL Courte : https://10319.lapetition.be/

Catégorie : Social

Voici deux textes co-signés dont un MANIFESTE par Sandrine Goldschmidt et Muriel Salmona suite aux derniers éléments de l'affaire de New York, alors que le juge abandonne les charges retenues contre Dominique Strauss-Kahn à l'audience du mardi 23 août 2011. Et début mars 2012 démarre une CAMPAGNE PAS DE JUSTICE PAS DE PAIX pour que justice soit rendue aux victimes de viol

pour que les plaignantes en matière de violence sexuelle aient droit à la justice, nous ne laisserons pas étouffer leur voix... Soutenez la campagne et le manifeste


PAS DE JUSTICE, PAS DE PAIX : LE MANIFESTE ET UNE CAMPAGNE POUR QUE JUSTICE SOIT RENDUE AU VICTIMES DE VIOL, AVEC UNE PLAINTE COLLECTIVE

LA CAMPAGNE À SUIVRE SUR LE BLOG PASDEJUSTICEPASDEPAIX début mars avec des photos et des actions : http://pasdejusticepasdepaix.wordpress.com/2012/03/05/pas-de-justice-pas-de-paix/ et une PLAINTE collective à envoyer

LE MANIFESTE PAS DE JUSTICE PAS DE PAIX :

mardi 23 août 2011, 22h


Combien de femmes ont un jour menti ?
Combien de femmes ont un jour cédé sans consentir ?
Combien de femmes se sont dit : je n'avais qu'à pas être là, habillée comme-ci, habillée comme ça, avoir donné l'impression que je voulais, avoir changé d'avis, avoir eu peur de dire non, à avoir dit non mais pas non, non, non ?


APRÈS avoir lu le rapport de Cyrus Vance pour motiver sa demande d'abandon des charges à l'encontre de DSK, nous ne pouvons arriver qu'à une seule conclusion. C'est vrai, Nafissatou Diallo n'avait guère de chance de gagner un procès pénal et de convaincre 12 jurés « au delà du doute raisonnable ». Cela ne prouve pas que DSK n'était pas coupable. Cela veut dire qu'aujourd'hui, la justice des hommes est bien la justice des hommes.
Quand on sait que sur 75000 femmes violées par an en France et autant d'enfants, 10% de plaintes sont déposées et 3% donnent lieu à un procès pour 1% de condamnation, doit-on en conclure qu'il n'y a qu'1% de violeurs ? NON.
Cela veut dire que sur les 75000 femmes violées en France, et à peu près autant de violeurs, seules 2250 victimes ont droit à un procès pénal et à peu près 72750 violeurs ont le droit de recommencer en toute promesse d'impunité.
En effet, il semblerait qu'il suffise que la plaignante soit un peu - ou beaucoup- menteuse, qu'elle ait été la petite amie du violeur (80% des viols sont commis par une connaissance de la victime), qu'elle soit toxicomane, alcoolique, prostituée, qu'elle présente des troubles psychiatriques, qu'elle ne se souvienne plus bien de ce qui s'est passé (et on pourrait citer encore beaucoup d'exemples de ce type), pour que la justice estime qu'il n'y a pas de preuve suffisante, qu'il n'est pas nécessaire qu'elle tente d'en savoir un peu plus sur la nature du consentement soi-disant donné.
Alors, nous disons ici aujourd'hui que si 99% des violeurs ne sont pas condamnés, non pas parce qu'ils sont innocents (on n'en saura rien) mais parce que la justice -quand elle est saisie- n'a pas les preuves suffisantes, c'est qu'il y a un problème avec la justice.
Parce qu'à l'évidence elle n'est pas en mesure de rechercher des faisceaux d'indices indispensables pour une véritable instruction, et qu'elle est gravement parasitée par des stéréotypes sexistes et des fausses représentations concernant les violences et la sexualité.
Nous demandons l'ouverture d'une vaste réflexion sur le fonctionnement de notre système judiciaire pour qu'il commence, enfin, à tous les niveaux, à abandonner ses réflexes patriarcaux, et à envisager tous les moyens nécessaires pour protéger les victimes de violences sexuelles, enfants, femmes et hommes qui subissent l'enfer au quotidien.
Nous exigeons que les choses changent, pour l'avenir de notre société.


LA PLAINTE AUPRES DU PARQUET.
MOTIF : VIOLS

Paris, le 1er mars 2012

Je suis né-e d'un viol.
Enfant, j'ai été violée par mon père. Mon cousin. Mon voisin. Mon frère.
Adolescente, j'ai eu un premier rapport sexuel que je ne désirais pas.
D'autres ont suivi et je ne me posais même plus la question de mon désir.
Adulte, j'ai été harcelée, agressée, battue, violée.
J'ai été violée en passant, parce que j'étais là, parce que j'étais bien habillée, parce que j'étais sexy, ou pas assez, ou trop, parce que j'étais, tout simplement.
Mon mari m'a violée, et on a appelé cela le devoir conjugal.
Dans le monde, au moins une femme sur trois est victime de violences sexuelles au cours de sa vie. Ce sont chaque année des millions de femmes qui sont violées, leurs vies brisées.
Le viol est un crime.
En France, chaque année, environ 75.000 femmes et au moins autant d'enfants sont violés.
Chaque année en France plus de 90% des victimes ne portent pas plainte. Soit…70.000 ou plus de 150.000 si on compte les mineurs.
Chaque année en France moins de 1 500 condamnations pour viol sont prononcées. Cela laisse des milliers de criminels en liberté qui recommencent en toute impunité...

Tous les jours dans notre pays, dans les tribunaux, dans les médias, dans les commissariats de police ou les cafés du commerce, on excuse l'agresseur et on blâme la victime : elle invente, elle est mytho, elle est jeune, elle est belle, elle est moche, elle était provocante, elle l'a bien cherché, elle avait bu, pris de la drogue, des médicaments, elle est sans papiers, elle est prostituée, elle était sa petite amie, elle est de la famille, c'est là où elle travaillait, elle n'avait qu'à pas être là, elle a dit seulement non et pas non non non, elle n'a pas porté plainte assez vite, elle a l'air folle, elle est paumée, elle veut se venger, elle est intéressée, elle est lesbienne, elle veut seulement se faire remarquer, elle a déjà menti dans sa vie, etc, etc, etc...
Je suis l'une d'elles. Je suis toutes les autres.
Nous sommes des centaines de milliers.
-Aujourd'hui je porte plainte, je porte 70 000 plaintes pour cette année, au nom de toutes.
-Aujourd'hui j'exige que la justice de mon pays réalise enfin le caractère massif de ce crime.
-Aujourd'hui j'exige que la justice de mon pays reconnaisse enfin la gravité absolue de ce crime.
-Aujourd'hui j'exige que la justice de mon pays enquête enfin sur la matérialité des faits et plus sur les victimes, qu'elle poursuive enfin les agresseurs au lieu de les excuser.
-Aujourd'hui j'exige que les institutions de mon pays mettent en place tous les moyens possibles et imaginables pour assurer notre droit à vivre sans violences sexuelles et pour que justice et réparation nous soient rendues.


PAS DE JUSTICE, PAS DE PAIX


Le premier article :

lundi 22 août 2011, 22h

« Motif des blessures. Agression. Viol . »
Ceci est un rapport médical.
Ce n'est pas un avis juridique, mais les constatations d'un médecin après avoir reçu une femme qui se dit victime de viol. Le rapport médical du 14 mai (selon ce qu'en ont dit les journaux) concernant Nafissatou Diallo, suite à sa rencontre avec Dominique Strauss-Kahn dans un hôtel de New York. La personne qui l'a reçue, habituée à accueillir des victimes d'agressions sexuelles, s'est dite convaincue d'avoir en face d'elle une femme victime de violences .

Il semblerait que ces éléments ne soient pas susceptibles de permettre d'écarter un « doute raisonnable » et empêcheraient un jury de 12 personnes d'arriver à la conclusion que Nafissatou Diallo aie bien été agressée sexuellement par l'ex directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn.
Il ne suffisent pas à lui offrir la possibilité de défendre sa plainte lors d'un procès pénal.

Il n'y a aucun doute sur le fait qu'il y ait eu rapport sexuel dans la suite 2806 du Sofitel de New York. Seulement, le presque ex-accusé affirme que c'était un rapport consenti.

En revanche, le fait que son accusatrice ait menti en apprenant par cœur le récit d'un viol collectif pour pouvoir pénétrer aux Etats-Unis semble devoir instiller le doute raisonnable dans la tête des potentiels jurés de Manhattan.

Pour cette raison -la peur de perdre un procès- le procureur américain Cyrus Vance aurait décidé de laisser tomber les charges contre DSK. Ce dernier va récupérer son passeport, il pourra rentrer en France.

Aujourd'hui, on commence à lire que la plainte de Tristane Banon sera classée sans suite. Parce qu'il n'y a pas suffisamment d'éléments pour accréditer la qualification juridique de « tentative de viol ».

Chaque jour, cela arrive à des plaignantes. Elles ne sont pas crues, on classe sans suite les affaires, pour « manque de preuves », quand on ne les accuse pas en retour de dénonciation calomnieuse (ce qui normalement, ne devrait plus être possible désormais). Pour cela, relire l'article « la nausée » de Muriel Salmona de l'association mémoire traumatique et victimologie et « Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce » le roman de Lola Lafon.

Chaque jour, la vie de ces victimes est épluchée, on guette leur moindre mensonge, leur moindre incohérence, pour tenter de remettre en cause leur plainte.

En face, les accusés ou mis en examen sont-ils soumis au même interrogatoire ? À la même mise en cause de leur crédibilité ? Tant mieux s'ils sont présumés innocents, mais pour faire la justice, peut-on se contenter de leur phrase : « elle était consentante » ? Ne doit-on pas aussi les interroger ? Sur comment ce consentement s'est manifesté ? Car le présumé consentement, ça n'existe pas. Et céder ce n'est pas consentir, ni désirer. Le présumé non-consentement, dans la tête des hommes lui, pourrait peut-être exister ? Est-il possible que les charges soient abandonnées et que de la présomption de crime sexuel on bascule aussi facilement dans la présomption de sexualité, comme nous le dit Annie Ferrand, sans tenir compte des traces de violences et sans que jamais on n'ait posé à DSK les questions suivantes, en écoutant si ses réponses ont un début de cohérence ?.

Qu'est-ce qui lui a permis de raisonnablement penser que ce rapport était consenti ?
Lui a-t-il demandé en sortant nu de la douche et en la trouvant là « ça te dirait que je te mette mon pénis dans la bouche et que je t'attrape violemment le vagin ? »
« Comment se sont-ils séparés ? » « la connaissait-il avant ? »
« Comment a-t-il pu penser qu'une femme de chambre 30 ans plus jeune que lui pouvait consentir à un rapport brutal et bref dans une chambre d'hôtel entre deux nettoyages de chambre ? »

Heureusement, tout espoir de justice n'est pas perdu. Parce qu'aux Etats-Unis, un procès civil peut suivre un procès pénal. Ce n'est plus le parquet qui est plaignant, c'est directement Nafissatou Diallo. Et là, DSK devrait s'expliquer. Et l'unanimité ne serait plus requise. S'il retourne aux Etats-Unis pour le procès...

Début septembre, va sortir au cinéma un film, « présumé coupable », inspiré d'une autre affaire qui a défrayé la chronique médiatique, celle d'Outreau. Un film qui raconte le calvaire d'Alain Marécaux - "l'huissier" de l'affaire d'Outreau - arrêté en 2001 ainsi que sa femme et 12 autres personnes pour d'horribles actes de pédophilies qu'ils n'ont jamais commis. Le résumé indique : « C'est l'histoire de la descente en enfer d'un homme innocent face à un système judiciaire incroyablement injuste et inhumain, l'histoire de sa vie et de celle de ses proches broyée par une des plus importantes erreurs judiciaires de notre époque. »
Quels que soient les doutes qui subsistent sur cette affaire, les enfants d'Outreau ont bel et bien été victimes des pires sévices sexuels, la justice l'a reconnu. Le film ne s'intéresse qu'à l'erreur judiciaire, et semble ainsi agiter le chiffon rouge en disant : attention en dénonçant les crimes sexuels que subissent les enfants, en prenant en compte leur parole, on enferme des hommes innocents.

Et c'est bien ce que les tenants du système de domination s'évertuent à faire, en matière de crimes sexuels : tenter, par tous les moyens, d'étouffer les voix qui s'élèvent pour les victimes.

Mais quelle que soit l'image qui sera véhiculée, dans la réalité ou dans la fiction, ces voix ne mourront pas. Nous continuerons à entendre la parole des victimes, à la porter sur le devant de la scène, à demander à la justice de les protéger, à la société de leur offrir les soins dont elles ont besoin. C'est une question d'humanité, de dignité, de santé publique, une condition de notre avenir.
Voici un texte co-signé par Sandrine Goldshmidt et Muriel Salmona suite aux derniers éléments de l'affaire de New York, alors qu'on l'on vient d'apprendre par l'avocat de Nafissatou Diallo, Kenneth Thompson, que le procureur va demander l'abandon des charges contre Dominique Strauss-Kahn à l'audience de mardi 23 août , suite à sa rencontre lundi soir avec elle.

PAS DE JUSTICE, PAS DE PAIX

MOBILISONS-NOUS !

Sandrine Goldschmidt, journaliste et militante féministe, http://sandrine70.wordpress.com/
Muriel Salmona, psychiatre, présidente de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie, http://memoiretraumatique.org/

Vous pouvez apporter votre soutien à ce texte en envoyant un mail à :
adiredelles@gmail.com
drmsalmona@gmail.com

En suivant la campagne Pas de Justice Pas de Paix à partir du premier mars 2012 jusqu'au 8 mars 2012 sur le Blog Pas de Justice pas de Paix :http://pasdejusticepasdepaix.wordpress.com/2012/03/05/pas-de-justice-pas-de-paix/

et en signant la pétition :

Les derniers signataires

  • Le 17/02/2014, muriel **************** de cellettes , france
  • Le 28/01/2014, Françoise ***** de Limoux , France
  • Le 26/11/2013, Jacqueline ****** de Mornant , France
  • Le 18/11/2013, Aurore ****** de Londres , UK
  • Le 03/10/2013, Laura ****** de rhône alpes , france
  • Le 17/09/2013, Aurore ********** de Cergy , France
  • Le 02/09/2013, diane ******* de paris , france
  • Le 14/07/2013, PASCALE ****** de ribérac , france
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  • Le 29/06/2013, Eric ***** de Blois , France / Frankrijk
  • Le 19/05/2013, Lolita ********* de Nantes , France
  • Le 14/05/2013, nathalie ****** de strasbourg , france
  • Le 02/04/2013, pauline ******* de bordeaux , france
  • Le 02/04/2013, Harmony ********* de Montmorency , France
  • Le 30/03/2013, Luc ******* de Saint-Marcel sur Aude , France
  • Le 30/03/2013, Yvette ****** de Aiguefonde , FRANCE
  • Le 25/03/2013, MONIQUE ****** de ANGERS , FRANCE
  • Le 08/03/2013, Noëlle ****** de Kremlin-Bicêtre , France
  • Le 08/03/2013, Béatrice ******** de auch , France
  • Le 07/03/2013, Angèle ******* de Vendée , France
  • Le 04/03/2013, Pascale ****** de auxerre , france
  • Le 04/03/2013, Noémie ********** de Vendée , France
  • Le 24/01/2013, marie ****** de nomain , france
  • Le 17/01/2013, Lucienne ********* de Marseille , France
  • Le 14/01/2013, karo ***** de st malo , france
Voir les signataires avec leur commentaire (1587)

Résumé

A l'attention de :
muriel salmona présidente de l'Association Mémoire traumatique et Victimologie


Auteur : Muriel SALMONA
54 avenue des vergers
92340 bourg la reine
france
06 32 39 99 34

Site web / Website :
memoiretraumatique.org


Début : 23/08/11
Fin : 22/08/12


Signataires : 1587


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